Salomon
Kalou et Didier Drogba sont l’objet d’une enquête de la Fédération anglaise de
football (FA) en ce moment. Celle-ci cherche à savoir si les gestes effectués
par les deux attaquants ivoiriens de Chelsea, après les deux buts de la
victoire de Kalou face à Middlesbrough (2-0) mercredi dernier à Stamford
Bridge, n’ont rien à voir avec un quelconque soutien à Antoine Tiémoko Assalé,
opposant (sic) ivoirien au régime. Pour les faits, Kalou et Drogba ont croisé,
en dansant, les poignets devant eux.
Inutile
de dire que cette intrusion de la FA dans cette affaire est pour le moins
cocasse et appelle une foule d’interrogations. A savoir qui est Assalé ? Quel
intérêt Kalou et Drogba ont à soutenir cet opposant ( ?) et quel est ce geste
assimilable à la défense de sa cause, qui puisse livrer les deux attaquants
ivoiriens aux mains des fins limiers de la FA ? Nous croyons savoir que le
nommé Assalé, un citoyen lambda, a fait une contribution dans un journal de la
place où il s’est attaqué à la corruption au sein de l’appareil judiciaire. Le
Procureur de la République, M.Raymond Kimou, s’étant reconnu dans les
anagrammes utilisés par M.Assalé l’avait fait arrêter pour outrage à magistrat.
Il a été jugé et condamné à un an d’emprisonnement. Il a épuisé sa peine puis a
été libéré.
Il est étonnant que pendant tout ce temps, Drogba et Kalou, qui n’aient fait
aucune déclaration publique sur cette affaire, se retrouvent brusquement à
l’évoquer par des gestes. Kalou explique avoir voulu juste « trouver une
nouvelle façon de célébrer un but ». A la vérité, et ce que les membres de la
Fédération anglaise de football doivent savoir, le geste de Salomon Kalou, ici
en Côte d’Ivoire mais aussi à Paris où le Couper Décaler est né, fait partie
d’un ensemble de gestuels utilisés dans la danse « Guantanamo » une autre variance
du « Couper-décaler). Une danse dérivée donc du Couper-décaler et par laquelle
ses initiateurs invitent à plus de droiture et de responsabilité dans la vie
pour ne pas se retrouver menotté, enchaîné derrière les barreaux comme le sont
les prisonniers à Guantanamo. Cette danse invite ainsi les jeunes à éviter le
milieu carcéral. Il n’y a donc rien de politique à l’exécuter. Et elle
n’exprime en rien un soutien politique.
A la limite, les gestes de « Guantanamo » exécutés mercredi dernier par les
deux joueurs ivoiriens pourraient traduire la délivrance des « enchaînés » de
Scolari. Car Kalou et Drogba font partie, ces temps-ci, de ceux des joueurs de
Cheslea que Scolari maintient, enchaînés, sur le banc pour ne leur faire jouer
que des bouts de match.
abidjantv.net, 01.02.09
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